L’AEDP (Accelerated Experiential Dynamic Psychotherapy) a été développée à New-York/USA depuis une bonne vingtaine d’années par Diana Fosha et ses collègues.  Voici un interview en anglais de Diana Fosha sur l’AEDP :  Diana Fosha on Accelerated Experiential Dynamic Psychotherapy (AEDP): Trusting vitality .   Et voici une vidéo en français dans laquelle nous partageons avec vous quelques-unes de nos expériences et réflexions au sujet de l’AEDP:

Fondamentalement, l’AEDP est centrée sur la transformation/le changement et orientée vers la guérison dans sa thérapeutique, et donc aussi au niveau théorique et clinique.  En AEDP, la guérison n’est pas seulement un aboutissement désiré ;  c’est aussi un processus, une expérience, ainsi qu’une tendance/disposition innée toujours présente.  En AEDP, l’idée est d’accéder à des processus de guérison dès le départ, dès le premier contact thérapeutique.

 

Au milieu de la haine, j’ai trouvé qu’il y avait, en moi, un amour invincible.
Dans le milieu des larmes, j’ ai trouvé qu’il y avait, en moi, un sourire invincible.
Au milieu du chaos, j’ai trouvé qu’il y avait, en moi, un calme invincible.
J’ai réalisé, à travers tout cela, que…
Au milieu de l’hiver, j’ai trouvé qu’il y avait, en moi, un été invincible.
Et cela me rend heureux. Car il dit que peu importe comment le monde pousse contre moi, en moi, il y a quelque chose plus fort – quelque chose de mieux, poussant de retour.

Albert Camus

 

L’AEDP promeut le changement thérapeutique en travaillant de façon intégrative  avec différentes réalités, théories, et processus.  En voici quelques-uns :

-L’AEDP est un modèle basé sur le changement

-Nous sommes « câblés » (au niveau neuro-biologique) pour la guérison, cf neuroplasticité positive

-Importance fondamentale de la sécurité, spécifique, co-créée, … permet à la transformance et ses émotions vitalisantes d’émerger, prospérer, …

– L’AEDP  travaille de façon expérientielle et relationnelle avec la « transformance » et avec les affects positifs

La transformance est un terme, inventé par Diana Fosha pour décrire la force motivationnelle, englobante, qui est à l’oeuvre tant dans le développement que dans la thérapie et qui vise une vitalité maximale, une authenticité et un contact véritable.

-l’AEDP utilise des interventions métatherapeutiques pour travailler avec des expériences transformationnelles, intégrer des expériences somatiques émotionnelles avec des capacités relationnelles et réflectives

-l’AEDP cultive des rythmes interpersonnels

-l’AEDP nourrit la capacité de chacun/e de réguler les états émotionnels avec la communication cerveau droit-cerveau droit (voix, expressions faciales, …)

-défaire la solitude (lors de différents états émotionnels/expérientiels): via attachement et intersubjectivité, sécurité, connection, regulation affective dyadique, expériences affectives réceptives, … ; par exemple : « restez avec ça et restez avec moi »

-l’AEDP utilise des interventions expérientielles pour réguler des émotions intenses : les émotions très douloureuses de trauma/s et les émotions positives de transformations de guérison

-Attention portée sur les affects positifs, les ressources existentes et émergentes, la nouveauté, ce qui émerge lors d’expériences transformationnelles

-le thérapeute aedp observe et travaille avec ce qui apporte de l’énergie , de la vitalité dans le système

-l’AEDP est guidée par l’intuition de ce qui est « juste », aligné, énergisant.

 

L’AEDP est une forme de psychothérapie orientée vers la guérison; elle travaille avec la promotion dyadique de liens sociaux pour réduire le stress, co-créer de la sécurité, promouvoir la régulation émotionnelle et augmenter les expériences transformationelles.

 

Quelques caractéristiques de l’attitude du thérapeute AEDP :

-incarnée positive : relation thérapeutique informée par l’attachement et engagée intersubjectivement, qui cherche à répliquer la « sociobiologie de la reconnaissance, de l’attachement secrure, de la résonnance limbique, du soin/attention mammifère et du développementt précoce »

-réparative relationnellement : but de défaire la solitude lors d’expériences incarnées

-une relation thérapeutique basée sur l’attachement et facilitant les émotions

-un engagement émotionnel incarné positif, pleine conscience dyadique, affirmation des clients/patients et de leurs savoirs.

 

 « L’approche psychothérapeutique AEDP est fondée sur l’idée que des expériences affectives, ressenties, viscéralement et au fond de soi sont capables de nous transformer de façon inhérente, rapide et globale. Grâce à une relation thérapeutique active, engagée, ajustée, dotée d’empathie et verbalisée, le patient se sent accompagné à travers un processus émotionnel, qu’il peut affronter sans pour autant se sentir accablé. L’expérience de ses émotions, qu’il avait préalablement évitées, active des mécanismes innés d’autocorrection, ainsi que des tendances à l’action adaptatives, qui permettent un bien-être psychologique et un fonctionnement optimal. »

Jerry Lamagna, New York City

 

L’AEDP est expérientielle et intégrative.  En effet, elle intègre et partage des hypothèses et des pratiques avec plusieurs approches et théories/théoriciens, dont :  les thérapies dynamiques brèves (Habib Davanloo, Leigh McCullough, Ferruccio Osimo, David H. Malan, …), les études transformationnelles, définies largement et incluant différentes traditions de sagesse tant orientales qu’occidentales (Martin Buber, William James, Jon Kabat-Zin, Michael Mahoney, Miller & C’de Baca, Ethel Person), les traditions analytiques sur les relations et le développement, particulièrement celles se centrant soit sur le traumatisme et la transformation qui peut paraître “miraculeuse”(Philip Bromberg, …, D.W.Winnicott), l’épigénégique de la guérison (Yehuda), la théorie de l’émotion, les émotions comme régulateurs centraux du SNC pour la vie (Damasio), les neurosciences de l’affect, les neurones miroirs et l’importance des états intersubjectifs incarnés (Gallese),  les propriétés restoratives de la branche ventrale du SNA parasympathique (Porges) la neuroplasticité, la neurobiologie interpersonnelle (Siegel), les partages d’états psychobiologiques  et la communication cerveau droit-cerveau droit (Schore), la théorie de l’attachement, les études sur la psychologie du développement et sur les interactions dyadiques, les études sur le trauma, les traitements centrés sur le corps, les autres thérapies expérientielles (dont le Focusing de Gendlin, l’EFT de Greenberg et la Gestalt de Perls), les autres thérapies centrées sur les émotions et l’attachement (Daniel Hughes, Susan Johnson), les thérapies intégratives existentielles (Abraham Maslow, …), …

L’AEDP est donc, entre autres, issue des psychothérapies psychodynamiques brèves, et elle est l’une des «  EDT » (« experiential dynamic therapies », cf :  http://iedta.net/edt/about-edt/types-of-edt/ ).

La recherche a démontré l’efficacité des psychothérapies psychodynamique brèves de ce type  (vous pouvez aller voir ici : EDT research) et d’autres thérapies proches/similaires (EFT de Greenberg  et  collègues,  TBM de Fonagy et collègues, …).  Les synthèses des travaux de Bruce Wampold (voir aussi cet article) vont aussi dans ce sens.  Vous trouvez des articles concernant la recherche en relation avec l’AEDP à la page suivante:  https://www.aedpinstitute.org/publications/research/ .

Pour ceux qui veulent en savoir davantage au sujet de l’AEDP/PDEA, veuillez aller à :  http://www.aedp.eu/?page_id=176&lang=fr , ou à :  https://www.aedpinstitute.org/about-aedp/